Basée aux États-Unis, Yidan Li est titulaire d’un baccalauréat en design environnemental de l’Université du Colorado et d’une maîtrise ès sciences en pratiques critiques, curatoriales et conceptuelles en architecture de l’Université Columbia. Elle s’intéresse aux esthétiques de la (post) modernité, de la politique de l’art et de l’architecture, du décolonialisme et du postcolonialisme, ainsi qu’aux pratiques et méthodologies de recherche interdisciplinaire.
Lors de sa résidence à Est-Nord-Est, Yidan Li adopte une posture d’observatrice. Sensible à l’espace et au rôle qu’il peut exercer, Li analyse la manière dont l’architecture influence le travail, conduit les liens sociaux, oriente les déplacements et stimule la construction du temps. Ainsi, tout en étant une participante active, elle observe les va-et-vient des artistes en résidence alors qu’elles circulent dans le centre d’artistes, entre les espaces communs et leurs ateliers, puis entre la plage et le centre. Elle remarque la manière dont les repas collectifs favorisent les relations sociales et la cohésion entre les membres du groupe, puis étudie les échanges entre elles, alors qu’elles se partagent des livres et des idées. Elle relève aussi les moments de retrait lors desquels chacune des artistes se concentre sur sa production individuelle, tout comme les périodes lors desquelles elles s’investissent au sein de l’écosystème d’Est-Nord-Est, par exemple lorsqu’elles travaillent dans les ateliers techniques.
À partir de ces observations, Li conçoit sa propre carte mentale. Intéressée par la visualisation de données, elle fabrique un abri à l’aide d’un rideau transparent, où les idées sont schématisées à travers des notes manuscrites et des photographies prises sur le site ; ces éléments sont ensuite reliés entre eux par des fils, tissant un réseau d’idées et de réflexions. Ce schéma mental est aussi parsemé de matériaux collectés sur la grève, en compagnie des autres artistes. « Ceci est mon cerveau », nous dit l’autrice, et elle invite le public, lors des portes ouvertes, à entrer dans cette représentation physique de ses pensées. Par cette installation, elle repense les notions de langage et de traduction, alors que son écriture visuelle appelle par le fait même à un nouveau mode de lecture.
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