Cynthia Fecteau

2018
Éditeur : Est-Nord-Est, résidence d'artistes
Année : 2018
Pages : n.p.
Langue : Français / Anglais

Artiste et auteur·e

Cynthia Fecteau

Évoluant en terrains limitrophes de l’écriture, de la création artistique et de la recherche, Cynthia Fecteau s’intéresse aux différents modes d’être dans le monde, notamment par le biais d’approches écologiques, philosophiques et sociales. Dans sa pratique, elle explore les manières dont l’art et la création modulent notre relation au réel et nous permettent de nous engager dans notre environnement.

Si écrire à propos d’œuvres ou de démarches artistiques nécessite un grand sens de l’observation et de l’écoute, il en va de même pour toute pratique en écriture. C’est avec cela en tête que Cynthia Fecteau a amorcé sa résidence. Suivant un principe simple, celui d’éviter d’écrire à propos de l’art, elle s’est penchée sur son propre processus de création, attentive tout autant aux micro-événements ayant lieu dans son atelier qu’au contexte élargi de la résidence.

C’est ainsi qu’elle s’est tout d’abord installée dans une position contemplative ; se laissant inspirer par le paysage port-jolien, elle a pétri le texte du mouvement et du rythme de celui-ci. Les fragments d’écriture quotidienne qu’elle a collectionnés sous la forme de feuillets dactylographiés retracent cette prémisse à l’allure de littoral. Puis, au fil de ses promenades et de ses rencontres, les contours d’une communauté se sont tracés sur les pages. Tranquillement s’est dessinée une demeure, qu’on lit étage par étage, habitée par une protagoniste à la vérité agrémentée de fiction.

Cynthia Fecteau archive le récit d’une rencontre, en trame de fond, en manipulant le texte comme un matériau qui garde en mémoire les transformations qu’on lui fait subir. Les mots tapés à la machine portent les marques des hésitations et des retours en arrière, de l’expérience qui les a portés sur la feuille. Comme une vague ondoyante entre l’introspection franche et le sensible engagement de l’auteure, la lecture nous happe et puis nous ancre dans ce paysage d’accueil.